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11 min de lecture•Publié le 3 octobre 2026Aussi en :ENITESPTDE

Daniela Morán, de Maracaibo à Medellín : le parcours d'une coach du télétravail

Cédric Tumminello · Fondateur @Hello Mira

Article rédigé avec l’assistance de l’IA · Vérifier les informations

Daniela Morán, de Maracaibo à Medellín : le parcours d'une coach du télétravail

Quand elle a répondu à nos questions, Daniela Morán était assise sur un pouf qu'elle partage avec son chien : elle venait d'emménager seule et n'avait pas encore de canapé. « Mais, à vrai dire, je suis sereine », écrit-elle[1]. Au début de la pandémie, cette Vénézuélienne envoyait cent e-mails pour décrocher un premier poste à distance. Entre les deux, il y a eu des journées de quinze heures, une démission, et un métier qu'elle a créé : aider les autres à trouver le travail à distance qui leur ressemble. En novembre, elle animera à Medellín la première Mira Class en espagnol.

La terre du soleil aimée

Daniela a grandi à Maracaibo, au Venezuela, une ville qu'on surnomme « la terre du soleil aimée » et dont les habitants, dit-elle, sont aussi chaleureux que le climat[1]. Enfant, elle sillonne le pays en famille. Elle chérit ces souvenirs d'autant plus que la plupart de ses proches vivent aujourd'hui dispersés dans le monde, à la suite de la vague migratoire qu'a connue le Venezuela[1].

« Danielita » pour ses amis, elle a 25 ans, se dit « très sagittaire », aime l'art et la musique, et ne visite jamais une ville sans faire la tournée de ses cafés[1]. Pour se décrire, elle choisit trois mots : passionnée, pleine de bonne énergie et charismatique. Son plus grand défaut ? « Je suis une femme très structurée. » Sa plus grande qualité : « le leadership et la concentration »[1]. Ce qui la fait avancer tient en une phrase : « la passion que j'ai pour mes projets »[1].

Elle étudie la publicité et le marketing à l'université Rafael Belloso Chacín de 2017 à 2021, puis suit un master en marketing à l'EUDE Business School[2].

Daniela Morán sourit en travaillant sur son ordinateur portable dans un café ensoleillé.

Cent e-mails, une seule réponse

Avant la pandémie, Daniela travaille comme publicitaire pour une maison d'édition. « Personne n'était préparé à passer des mois confiné », résume-t-elle : l'entreprise ne s'en relève pas et se dissout[3]. Daniela se retrouve sans emploi. « Au début de la pandémie, j'avais besoin d'un revenu stable »[1].

Elle ne sait pas encore vraiment ce qu'elle fait, mais elle bâtit une méthode. Elle repère sur internet cent petites et moyennes entreprises qui, pense-t-elle, ont besoin d'une community manager, prépare un argumentaire de vente avec ce qu'elle sait faire à l'époque, puis les contacte toutes par e-mail[1]. Une seule lui donne sa chance : une entreprise installée à Porto Rico[1]. « Ils m'ont envoyé le lien Zoom. Et le lendemain, je travaillais déjà », raconte-t-elle[3]. Elle décroche ainsi son premier poste à distance, sans quitter le Venezuela[1].

Son profil professionnel retrace la suite : de 2020 à 2023, elle dirige le marketing et la publicité d'Open Gate Staffing, une société de recrutement basée à Porto Rico, tout en enchaînant d'autres missions de community manager, de cheffe de projet et de rédactrice pour des entreprises du Venezuela, du Mexique, d'Espagne et des États-Unis[2].

Autour d'elle, beaucoup ne comprennent pas. « En 2020, 2021, 2022, le travail à distance n'était pas encore si populaire. Beaucoup de gens me disaient que j'étais folle, que je ne travaillais pas »[3]. Elle travaille pourtant beaucoup, et pour plusieurs entreprises à la fois : des contrats par projet, plusieurs gros projets en quelques mois. « Ça m'a fait gagner beaucoup d'argent », reconnaît-elle, mais surtout comprendre ce qu'elle voulait et ce qu'elle ne voulait plus pour sa carrière, quels projets elle acceptait par ambition et lesquels par passion[1]. C'est l'erreur qu'elle dit aujourd'hui remercier[1].

Elle connaît aussi l'autre visage du freelance : « l'incertitude d'avoir un client aujourd'hui et zéro client demain »[3]. « Croyez-moi, ce n'était pas simple. C'était se réinventer, se réinventer, se réinventer. J'ai beaucoup échoué »[3].

Quinze heures par jour

Plus tard, Daniela occupe un poste de direction pour une entreprise basée en Espagne. Elle encadre une équipe d'une quinzaine de personnes réparties aux quatre coins du monde, avec des horaires et des langues différentes[3]. Dans le monde de l'entreprise, explique-t-elle, les limites qu'on fixe au début finissent par s'effacer : « Ils peuvent me mettre une réunion avec un client en Europe à 5 heures du matin, heure du Venezuela. » Travailler sur plusieurs fuseaux horaires, on s'y adapte, « mais à long terme, ça te rattrape »[3]. « J'en suis arrivée à travailler 12, 13, 15 heures »[3].

En 2025, elle traverse une dépression silencieuse, liée à de longues heures passées seule à travailler, et à de graves problèmes de santé. « Je ne me reconnaissais pas », écrit-elle[1].

Le déclic vient de son compagnon. « Il m'a dit : Dani, de quoi as-tu besoin ? Qu'est-ce qui te manque ? » Elle répond qu'elle a besoin d'argent. « Il m'a dit : d'accord, je te soutiens, laisse tomber »[3]. Entourée de son compagnon, de sa famille et de ses amis, elle trouve le courage de démissionner pour retrouver sa vie, son bien-être et sa passion à travers ses propres projets[1]. Aujourd'hui, elle le dit simplement : « Tu devrais travailler pour vivre, pas vivre pour travailler. Je fais mes choses selon cette philosophie »[3].

« Dani, aide-moi à trouver un travail à distance »

Pendant qu'elle réfléchit à la suite, des amis lui posent la question : « Dani, aide-moi à trouver un travail à distance »[3]. Depuis des années, on lui demande comment elle s'y prend ; elle comprend qu'elle peut en faire un métier et accompagner des professionnels qui veulent passer du bureau au travail à distance[3]. En 2025, elle ouvre son activité de conseil, « Dani trabajando remoto »[4].

Sa méthode part de la personne, pas de l'offre d'emploi. Avec chaque client, elle commence par un test de personnalité, « pour savoir, au-delà de ce qu'ils me racontent, quels sont leurs goûts, en quoi ils sont bons, en quoi ils ne le sont pas »[3]. Ensemble, ils choisissent une direction : quelqu'un qui communique bien peut viser la vente, par exemple, et elle construit la stratégie pour le relier à une marque ou à une entreprise qui cherche ce profil[3]. Viennent ensuite les outils : un CV qui passe les filtres automatiques des recruteurs, et qui met en avant les résultats obtenus plutôt que la liste des tâches[3].

Elle se souvient de sa première cliente à avoir décroché le poste visé : « la première personne qui a investi dans mon talent et mes connaissances ». « Un an plus tard, ils sont plus de 15, et je m'émeus toujours comme si c'était le premier »[1]. Elle tient pourtant à rester honnête : « Je ne peux pas promettre à mes clients qu'ils obtiendront le travail qu'ils veulent, ce n'est pas en mon pouvoir. » Si le plan A ne marche pas, on change de stratégie, « parce que chercher du travail, c'est du travail »[3].

Appel vidéo Google Meet avec Daniela Morán à l'écran, un chat flou au premier plan.

Ses matinées appartiennent à ses clients : quatre heures d'accompagnement[1]. Dès qu'elle allume son ordinateur, elle ouvre Gmail, Calendly, Drive et Gemini, puis s'appuie sur Notion et Asana pour organiser ses tâches et le suivi de chacun[1]. Le reste de la semaine, elle cale les séances, relance de futurs clients, prépare du contenu pour les réseaux sociaux et avance sur ses autres projets[1]. Pour l'instant, elle tient à garder ce lien en tête-à-tête, même si elle sait qu'un jour, sa communauté grandissant, il faudra passer aux groupes[3].

Il y a deux idées reçues qu'elle aimerait défaire. La première : il faudrait un profil technique. « Pour travailler à distance, il faut plus de compétences humaines que techniques : savoir communiquer et être proactif »[1]. La seconde : le télétravail serait une version facile du travail. Il a simplement d'autres défis, à commencer par celui de ne pas se laisser absorber : « si tu ne poses pas de limites, le travail peut déborder sur ta vie personnelle sans que tu t'en rendes compte »[1].

Un bureau à domicile avec un ordinateur portable en appel vidéo et un écran externe affichant un calendrier, près d'une fenêtre.

Les pieds dans l'eau pendant une réunion

Daniela se considère comme nomade digitale. En plus de son activité de conseil, elle collabore avec des marques et des hôtels comme créatrice de contenu et blogueuse voyage : plusieurs sources de revenus qui lui permettent de voyager[1]. Cette année, Medellín a été son premier voyage seule : un mois à créer du contenu pour un hostel, tout en suivant ses clients et ses collaborations[1]. C'est d'ailleurs une vidéo tournée pendant ce séjour qui l'a fait connaître de Hello Mira[1].

Daniela Morán se filme avec son smartphone monté sur un stabilisateur, dans un patio au sol de terre cuite.

On lui demande souvent ce qu'elle fait à la plage avec un ordinateur. « Et si je veux mettre les pieds dans l'eau pendant une réunion ? »[3] Sa réponse tient en un mot : organisation. Le matin pour les clients, l'après-midi pour découvrir ; les week-ends pour les trajets plus longs, sans aucun rendez-vous ; et si elle veut passer une journée entière dans un village, elle travaille la veille au soir[3]. Avec un employeur aux horaires fixes, c'est le voyage qui s'adapte : la ville choisie doit rester compatible avec le fuseau horaire de l'entreprise[3]. « Il faut être réaliste avec soi-même et savoir qu'on va devoir travailler. C'est le seul moyen de rendre ça durable »[3].

Elle ne voit pas le nomadisme comme une course sans fin. « Tu ne vas pas changer de pays toute ta vie. Il arrivera un moment où être nomade digital, ce sera rester à la maison et travailler. Et tu resteras quand même un nomade digital »[3]. Ce que les voyages lui ont appris sur elle-même ? Le bonheur de planifier un voyage, de le vivre pleinement et de rencontrer des gens qui, comme elle, construisent leur activité[1].

Une nomination arrivée par e-mail

C'est à Medellín qu'elle reçoit l'e-mail : elle est nommée aux prix Latam Digital, dans la catégorie des femmes qui transforment le numérique[1]. La cérémonie a lieu quelques semaines plus tard à Bogotá, le jour même où se termine son contrat avec l'hostel. Elle achète un billet d'avion[1]. « Tout a été l'œuvre de Dieu pour que je continue à voyager et à réaliser mes rêves », écrit-elle[1]. Elle y reçoit une mention d'honneur dans sa catégorie[4], puis reste un mois à Bogotá pour travailler et découvrir la ville[1].

Daniela Morán, en robe noire, pose devant le mur des partenaires des prix Latam Digital.

Une autre étape commence aujourd'hui : vivre seule pour la première fois. « C'est un autre rêve devenu réalité »[1]. D'où le pouf, le chien et l'absence de canapé. Elle avoue pourtant un paradoxe : « Même si ça ne se voit pas, les changements et l'inconnu me font peur. » Mais elle a compris qu'on peut avancer malgré la peur, en affrontant ce qui l'inspire[1]. Aujourd'hui, elle résume ce qu'elle cherche en trois verbes : « créer, croire et construire »[1].

Ce qu'elle dit à celles et ceux qui hésitent

  • L'erreur la plus fréquente : postuler par désespoir, sans stratégie ni objectif, avec un seul mot d'ordre, « je veux un travail maintenant »[1].
  • L'anglais n'est pas obligatoire, mais une deuxième langue augmente vos chances d'obtenir le poste visé[1].
  • Freelance ou salarié ? Les deux fonctionnent. En freelance, vous fixez vos prix, vos conditions et vos modes de paiement ; en entreprise, ils sont déjà établis. La bonne voie dépend de vos objectifs personnels et professionnels[1].
  • Sur votre CV, mettez les résultats que vous avez obtenus, pas seulement la liste de vos tâches[3].
  • Ses valeurs non négociables : l'honnêteté, le respect et la discipline[1].
  • Ce qu'elle aurait aimé entendre à 20 ans : « Hay momentos para todo, no necesitas tener todo resuelto ahora mismo » (il y a un moment pour tout, tu n'as pas besoin d'avoir tout résolu tout de suite)[1].

Et à ceux qui rêvent de travailler à distance sans oser se lancer : « Oui, c'est possible. Avec les bons outils et les bonnes stratégies, on peut non seulement travailler à distance et devenir nomade digital, mais aussi travailler dans ce qu'on aime, être bien payé et réaliser ses rêves »[1].

Sa Mira Class à Medellín, en espagnol

Du 8 au 22 novembre, Daniela anime à Medellín la première Mira Class entièrement en espagnol[4]. Elle pensait venir en décembre pour le concert de son DJ préféré ; en ajustant les dates avec <a href="/fr/blog/a/cedric-tumminello">Cédric</a>, novembre s'est imposé[1]. Ce sera sa deuxième visite de l'année dans une ville qu'elle adore[1].

À la fin des deux semaines, selon Daniela, chaque participant « aura appris quelle compétence bien valorisée il possède et quelle stratégie suivre pour obtenir le poste à distance qu'il vise »[1]. Elle enseigne à partir de son expérience, de ses erreurs et de ses réussites, pour faire gagner des années d'essais et d'erreurs[1]. Ce qu'elle attend le plus : « vous rencontrer et apprendre ensemble », convaincue qu'elle apprendra quelque chose de précieux de chacun de ses participants[1].

Daniela Morán parle au micro devant un écran de présentation.

Sa phrase favorite, celle qui l'accompagne : « Nada pasa si no te mueves », rien ne se passe si tu ne bouges pas[1].

La Mira Class de Daniela en pratique

  • Programme : « Ton profil prêt à travailler à distance », huit modules, du diagnostic professionnel à la négociation salariale[5]
  • Lieu : Medellín, Colombie, dans un espace de travail réservé[5]
  • Dates : du 8 au 22 novembre 2026[5]
  • Format : 20 heures de sessions collectives en présentiel et une heure de coaching individuel[5]
  • Groupe : 15 places[5]
  • À la clé : CV compatible avec les filtres des recruteurs, portfolio, profil LinkedIn optimisé, modèles de candidature et guide de négociation salariale[5]
  • Prix : 500 €[4]
  • Langue : espagnol[5]

Découvrez la Mira Class de Daniela

Ton profil prêt à travailler à distance, deux semaines à Medellín

Découvrir la Mira Class

Sources

  1. 1.^ abcdefghijklmnopqrstuvwxyz2728293031323334353637383940414243Entretien avec Daniela Morán pour Hello Mira (octobre 2026) : « Bonjour ! Je suis Daniela, mes amis m'appellent Danielita, j'ai 25 ans, je suis très sagittaire, j'aime l'art et la musique, je suis extravertie, passionnée de marketing digital et j'adore faire la tournée des cafés des pays et des villes que je visite. » ; « Les 3 mots sont : passionnée, de bonne énergie et charismatique. » ; « Maracaibo, la ville où je suis née et j'ai grandi, est considérée comme la terre du soleil aimée ; les gens y sont très chaleureux, comme son climat. » (consulté le 3 octobre 2026)
  2. 2.^ abProfil LinkedIn de Daniela Morán https://www.linkedin.com/in/daniela-mor%C3%A1n-7863851a9 (consulté le 3 octobre 2026)
  3. 3.^ abcdefghijklmnopqrstuvwLive Hello Mira — Cómo trabajar remoto y ser un nómada digital : « Justement, avant la pandémie je travaillais comme publiciste pour une maison d'édition. À cause de la pandémie, la maison d'édition n'a pas pu rester à flot. » ; « L'une m'a répondu. Et celle-ci est basée à Porto Rico. » ; « Écoute, ils m'ont envoyé le lien Zoom. Et le lendemain, je travaillais déjà » https://live.hello-mira.com/fr/live/como-trabajar-remoto-y-ser-un-nomada-digital (consulté le 3 octobre 2026)
Voir les 2 autres sources
  1. 4.^ abcdHello Mira — Daniela Morán, Mira Mentor (consulté le 3 octobre 2026)
  2. 5.^ abcdefgHello Mira — Mira Class « Ton profil prêt à travailler à distance » (consulté le 3 octobre 2026)

À propos de l’auteur

Fondateur @Hello Mira

Cédric Tumminello est CEO et co-fondateur de Hello Mira. Entrepreneur tech depuis ses 20 ans, il a co-fondé Yper et l'a dirigée pendant dix ans. Aujourd'hui, il met la technologie au service du lien humain pour les nomades digitaux, les freelances et celles et ceux qui entreprennent en voyageant.

À propos de Daniela

Daniela Morán

Conseillère en travail à distance

Daniela Morán est conseillère en travail à distance et nomade digitale vénézuélienne. Publicitaire de formation, elle travaille à distance depuis la pandémie pour des entreprises du monde entier. Depuis 2025, elle accompagne des professionnels vers un emploi à distance avec « Dani trabajando remoto ». Mira Mentor, elle anime à Medellín la première Mira Class en espagnol, du 8 au 22 novembre 2026.

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