Vous envisagez de télétravailler depuis le Brésil plusieurs mois ou un an ? Cet article vous aide à comprendre à qui s'adresse le visa nomade digital (VITEM XIV), quelles preuves réunir, quelles démarches suivre après l'arrivée et ce que le visa ne règle pas : la résidence fiscale. Il signale aussi ce qu'il faut vérifier auprès du consulat compétent avant de déposer votre dossier. Il ne remplace pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé.
Le cadre : qui est « nomade digital » au Brésil ?
Le Brésil définit le nomade digital dans une résolution du Conseil national de l'immigration. Il s'agit de l'immigré qui, à distance et grâce aux technologies de l'information et de la communication, exécute au Brésil son activité professionnelle pour un employeur étranger[1]. Le statut vise donc celles et ceux dont l'activité reste rattachée à l'étranger, sans emploi déclaré au Brésil[2].
Le texte exclut explicitement certains cas : une personne qui exerce une activité pour un employeur au Brésil, avec ou sans lien d'emploi, n'est pas considérée comme nomade digital[1].
La résolution prévoit aussi que ces activités peuvent être exercées en simple visiteur, en respectant, selon la nationalité, les règles de durée de séjour et d'exigence de visa de visite[3]. Le texte ne précise pas comment ce régime s'applique concrètement au travail à distance en court séjour : avant de choisir cette voie, demandez confirmation par écrit au consulat brésilien dont vous dépendez.
Visa VITEM XIV : conditions et documents
Le VITEM XIV s'adresse aux personnes qui travaillent à distance pour un employeur étranger, ou en activité indépendante pour des clients situés hors du Brésil[4].
Pour prouver votre situation, la résolution demande notamment une déclaration par laquelle vous attestez votre capacité à exercer votre activité à distance, et un contrat de travail ou de prestation de services, ou d'autres documents prouvant le lien avec l'employeur étranger[1]. Selon le consulat d'Amsterdam, ce contrat peut être rédigé en anglais ou en portugais, sans traduction officielle[2].
Côté documents à fournir, voici ce que détaille cette page consulaire :
- la déclaration attestant votre capacité à travailler à distance, rédigée en anglais ou en portugais et revêtue de l'apostille[2] ;
- le contrat de travail ou de prestation de services, ou d'autres documents prouvant le lien avec l'employeur ou le client étranger[2] ;
- un certificat de bonne conduite (casier judiciaire) ; la résolution prévoit une attestation d'antécédents criminels du pays d'origine ou un document équivalent à la discrétion du consulat[1]. À Amsterdam, un certificat délivré hors des Pays-Bas n'est accepté que légalisé par le consulat du Brésil du pays d'émission ou muni d'une apostille de la Convention de La Haye[2].
La liste varie d'un poste à l'autre. La page du consulat d'Amsterdam précise qu'il peut demander des documents et explications supplémentaires en plus de ceux indiqués sur son site[2]. Consultez toujours la page du consulat qui traitera votre dossier.
Le même consulat indique que la demande doit aussi démontrer que vous avez des moyens suffisants pour vivre au Brésil[2]. Le montant exigé n'est pas chiffré par les pages vérifiées pour cet article : il doit être confirmé sur la page du consulat compétent. Il en va de même pour les frais consulaires et pour une éventuelle obligation d'assurance santé pour la demande de visa : renseignez-vous directement auprès du consulat.
Démarche, durée et après l'arrivée
La demande de visa commence par un formulaire en ligne sur le portail du ministère brésilien des Affaires étrangères. Sur la page du consulat d'Amsterdam, vous téléversez ensuite tous les documents requis, dont le reçu signé du formulaire de demande de visa[2]. Les rendez-vous se prennent sur demande, et les originaux doivent être apportés le jour du rendez-vous[2].
Côté durée, la résidence initiale du titulaire du visa est de un an maximum[1]. Elle peut être renouvelée pour une durée égale si les documents prévus sont de nouveau présentés[1]. Le consulat d'Amsterdam rappelle la même logique d'une première période d'un an, renouvelable pour un an[2].
Si vous êtes déjà au Brésil, la résolution permet aussi de demander l'autorisation de résidence au ministère de la Justice et de la Sécurité publique, en présentant notamment le formulaire de demande, une pièce d'identité et les documents prouvant la condition de nomade digital[1]. Le consulat d'Amsterdam indique que cette démarche passe par le système MigranteWeb[2].
Après l'arrivée, le titulaire du visa doit s'enregistrer auprès de la Police fédérale dans le délai légal applicable[4]. Selon la page de l'ambassade de Zagreb, ce délai est de 90 jours après l'entrée au Brésil, avec le formulaire de demande de visa remis par l'ambassade et l'acte de naissance intégral original mentionnant le nom des parents[5]. Ce délai n'est pas repris sur les autres pages consulaires lues : confirmez-le au moment du dépôt de votre dossier.
Autre point pratique : les étrangers qui comptent vivre au Brésil doivent disposer d'un numéro de CPF (registre des contribuables)[2]. Le consulat d'Amsterdam renvoie à des instructions pour l'obtenir.
Votre famille ne bénéficie pas automatiquement du visa : elle doit demander un visa de regroupement familial (VITEM XI)[5].

Fiscalité : résident ou non-résident, repères sans conseil personnalisé
Avoir un visa et être résident fiscal sont deux questions distinctes. Le visa vous autorise à séjourner et à travailler à distance ; votre statut fiscal dépend de règles propres, que la Receita Federal (l'administration fiscale brésilienne) définit sur ses pages « résident et non-résident »[6].
Quelques repères, tels que la Receita Federal les formule : est considérée comme non-résidente la personne qui entre au Brésil avec un visa temporaire et y reste jusqu'à 183 jours, consécutifs ou non, sur une période de 12 mois[6]. À l'inverse, la personne qui entre avec un visa temporaire est considérée comme résidente fiscale à la date où elle atteint 184 jours de présence, consécutifs ou non, sur une période de douze mois[6].
Pour les revenus, la Receita Federal indique que les revenus perçus de sources situées au Brésil sont imposés comme ceux des autres résidents au Brésil, et que le traitement des revenus de source étrangère dépend des articles 14 à 16, 19 et 20 de l'Instruction normative SRF nº 208/2002 cités sur ses pages[7]. Comment ces règles s'appliquent à votre situation (salarié ou indépendant, pays d'origine, convention fiscale entre la France et le Brésil, déclarations à faire dans votre pays) ne se déduit pas des pages relues : un professionnel qualifié (fiscaliste ou expert-comptable connaissant les deux pays) doit vérifier votre cas. Ne considérez rien de ce qui précède comme un conseil fiscal personnalisé.

Pièges, arnaques et points de vigilance
- Travailler pour une entreprise brésilienne avec ce visa : la résolution exclut du statut de nomade digital l'activité pour un employeur au Brésil, avec ou sans lien d'emploi[1]. L'ambassade de Zagreb précise que le visa ne peut pas être demandé si le candidat travaille pour une entreprise au Brésil[5]. Selon le consulat de Santiago, un visa de travail peut alors être nécessaire[4].
- Déclaration fausse ou information omise : s'il est constaté à tout moment qu'une information importante a été omise ou qu'une déclaration est fausse, une procédure d'annulation de l'autorisation de résidence est ouverte, sans préjudice d'autres mesures de responsabilité civile et pénale[1].
- Pièces supplémentaires : les ambassades et consulats peuvent exiger des informations ou documents en plus de ceux listés[5], et les listes diffèrent d'un poste à l'autre. Préparez votre dossier sur la page du consulat qui le traitera, pas sur celle d'un autre pays.
- Documents étrangers : certaines pièces doivent être apostillées. À Amsterdam, la déclaration de capacité à travailler à distance doit porter l'apostille, et un casier judiciaire émis hors des Pays-Bas doit être légalisé ou apostillé[2]. Vérifiez à l'avance les exigences de traduction du consulat concerné.
- Famille : le conjoint et les enfants ne sont pas couverts par votre visa et doivent demander un VITEM XI[5].
- Règles et montants : les pages consulaires ne disent pas toutes la même chose. Une page de l'ambassade à Manama consacrée au VITEM XV indique par exemple un revenu mensuel minimal de 1 500 USD ou un solde bancaire accessible d'au moins 18 000 USD, et réserve le visa aux professionnels qui travaillent pour un employeur étranger, sans l'ouvrir aux chefs d'entreprise[3]. Ne tenez pas ces conditions pour acquises : confirmez-les auprès de votre consulat, et méfiez-vous d'un blog ou d'un intermédiaire qui vous les présente comme universelles.
Réseau, assurance santé, logement et services juridiques : par où commencer
Voici quelques pistes pour avancer :
- pour l'assurance santé, demandez d'abord au consulat dont vous dépendez si une couverture est exigée pour votre demande de visa, puis comparez les offres vous-même ;
- pour le droit et la fiscalité, adressez-vous à un avocat ou à un fiscaliste qui connaît le Brésil et votre pays d'origine ;
- pour le réseau, demandez à la communauté Hello Mira : d'autres nomades ayant déjà fait la démarche peuvent partager leur expérience, qui reste un témoignage individuel et non une règle.
Check-list avant de partir
- Identifier le consulat compétent et lire sa page VITEM XIV en entier.
- Faire confirmer par écrit les points non chiffrés ici : moyens de subsistance, frais consulaires, assurance santé éventuelle.
- Réunir la déclaration d'activité à distance, le contrat ou les documents prouvant le lien avec l'employeur ou le client étranger, et le casier judiciaire, avec apostille et traduction selon les exigences du poste.
- Obtenir un CPF.
- Prévoir l'enregistrement à la Police fédérale et noter le délai indiqué par votre consulat.
- Si votre famille vous accompagne, lui faire demander un VITEM XI.
- Faire examiner votre situation fiscale par un professionnel avant d'atteindre 184 jours de présence.
Sources
- 1.^ abcdefghigov.br — Nômade digital — Ministério da Justiça e Segurança Pública : « Aux fins de cette résolution, est considéré comme nomade digital l'immigré qui, à distance et grâce aux technologies de l'information et de la communication, est capable d'exercer au Brésil ses activités professionnelles pour un employeur étranger. » ; « N'est pas considéré comme nomade digital l'immigré qui exerce une activité professionnelle, avec ou sans lien d'emploi, pour un employeur au Brésil, ou dont l'autorisation de résidence pour exercer une activité professionnelle dans le pays est régie par une autre norme de ce Conseil. » ; « Le demandeur doit fournir une déclaration attestant sa capacité à exercer ses activités professionnelles à distance par les technologies de l'information et de la communication, ainsi qu'un contrat de travail ou de prestation de services ou d'autres documents prouvant le lien avec un employeur étranger. » https://www.gov.br/mj/pt-br/assuntos/seus-direitos/migracoes/portal-de-imigracao-laboral/navegacao-guiada-1/possui-autorizacao-de-residencia/o-que-deseja/qual-a-finalidade-desejada-1/trabalho-sem-contrato-de-trabalho-no-brasil/nomade-digital/nomade-digital (consulté le 15 octobre 2026)
- 2.^ abcdefghijklmgov.br — Visa - digital nomad (VITEM XIV) — Ministério das Relações Exteriores : « Afin d'encourager les activités des nomades digitaux au Brésil, le Conseil national de l'immigration du ministère de la Justice et de la Sécurité publique a réglementé l'octroi de visas temporaires et de permis de résidence pour que les immigrés puissent travailler pour des employeurs étrangers tout en séjournant au Brésil, sans emploi formel enregistré dans le pays. » ; « Contrat de travail ou de prestation de services, ou autres documents prouvant le lien avec un employeur ou client étranger (en anglais ou en portugais, une traduction officielle n'est pas nécessaire). » ; « Déclaration du demandeur attestant sa capacité à exercer ses activités professionnelles à distance par les technologies de l'information et de la communication (en anglais ou en portugais). Ce document doit porter l'apostille. » https://www.gov.br/mre/pt-br/consulado-amsterda/vistos/visa-digital-nomad-vitem-xiv/visa-digital-nomad-vitem-xiv (consulté le 15 octobre 2026)
- 3.^ abgov.br — VITEM XV: digital nomad visa — Ministério das Relações Exteriores : « Les activités prévues par cette résolution peuvent être exercées par l'immigré en qualité de visiteur, en respectant, selon la nationalité, les règles applicables à la durée de séjour et à l'exigence de visa de visite. » ; « Disponible uniquement pour les professionnels dont le travail peut être entièrement effectué à distance et qui exercent leur activité pour un employeur étranger. Cette option n'est pas ouverte aux chefs d'entreprise. Les demandeurs doivent justifier d'un revenu mensuel minimal de 1 500 USD ou d'un solde bancaire accessible d'au moins 18 000 USD. » https://www.gov.br/mre/pt-br/embaixada-manama/setor-consular/servicos/vistos/vitem-temporary-visa/vitem-xv-digital-nomad-visa (consulté le 15 octobre 2026)
Voir les 4 autres sourcesMasquer
- 4.^ abcgov.br — VITEM XIV - Nômades Digitais — Ministério das Relações Exteriores : « Le visa temporaire pour nomades digitaux (VITEM XIV) s'adresse aux étrangers qui travaillent à distance, grâce aux technologies de l'information et de la communication, pour un employeur étranger ou en activité indépendante auprès de clients situés hors du Brésil. » ; « Après son arrivée au Brésil, le titulaire doit s'enregistrer auprès de la Police fédérale dans le délai légal applicable. » ; « Le VITEM XIV ne s'adresse pas aux étrangers recrutés par des entreprises brésiliennes ou qui comptent exercer une activité pour des employeurs établis au Brésil. Dans ces cas, une demande de visa de travail peut être nécessaire. » https://www.gov.br/mre/pt-br/consulado-santiago/vistos/vitem-xiv-nomades-digitais (consulté le 15 octobre 2026)
- 5.^ abcdegov.br — Digital Nomad visa (VITEM XIV) — Ministério das Relações Exteriores : « Dans les 90 jours suivant l'entrée au Brésil, les titulaires de ce type de visa doivent s'enregistrer auprès de la Police fédérale et fournir une copie du formulaire de demande de visa remis par cette ambassade, ainsi que leur acte de naissance intégral original mentionnant le nom complet des parents. » ; « La famille du demandeur doit demander un visa de regroupement familial (VITEM XI). » ; « Si le demandeur travaille pour une entreprise au Brésil, ce type de visa ne peut pas être demandé. » https://www.gov.br/mre/pt-br/embaixada-zagreb/english/consular/visa-section/digital-nomad (consulté le 15 octobre 2026)
- 6.^ abcgov.br — Residente e Não Residente — Receita Federal : « Comprenez qui est considéré comme résident et non-résident au Brésil et comment cette condition doit être communiquée à la Receita Federal. » ; « Est considérée comme non-résidente la personne qui entre au Brésil avec un visa temporaire et y reste jusqu'à 183 jours, consécutifs ou non, sur une période pouvant aller jusqu'à 12 mois. » ; « Est considérée comme résidente à la date où elle atteint 184 jours de présence au Brésil, consécutifs ou non, sur une période pouvant aller jusqu'à douze mois. » https://www.gov.br/receitafederal/pt-br/assuntos/meu-imposto-de-renda/preenchimento/dsdp/nao-residente (consulté le 15 octobre 2026)
- 7.^gov.br — Tributação do não residente — Receita Federal : « Les revenus perçus de sources situées au Brésil sont imposés comme ceux des autres résidents au Brésil. Les revenus de sources situées à l'étranger sont soumis à l'impôt au Brésil dans les termes des articles 14 à 16, 19 et 20 de l'Instruction normative SRF n° 208/2002. » https://www.gov.br/receitafederal/pt-br/assuntos/meu-imposto-de-renda/preenchimento/dsdp/tributacao (consulté le 15 octobre 2026)




