Fixer son tarif en freelance ne consiste pas à recopier un ancien salaire : il se calcule à rebours, à partir de ce que vous voulez réellement gagner. Vous verrez comment passer du revenu net visé au taux journalier moyen (TJM) plancher, avec un exemple chiffré, comment tenir ce prix face au marché et à l'IA, et ce qui change pour vos impôts quand vous partez vivre à l'étranger. Les chiffres de cotisations ci-dessous concernent la micro-entreprise française.
Pourquoi un tarif de freelance se calcule à rebours
Beaucoup de nouveaux indépendants recopient leur ancien salaire divisé par le nombre de jours du mois[1]. C'est une erreur coûteuse : ni les charges ni les jours creux n'entrent dans ce calcul[1].
En freelance, votre chiffre d'affaires n'est pas votre revenu net : il faut tenir compte de vos cotisations sociales, de vos frais professionnels, de vos jours non facturés, du temps passé à prospecter, à vous former ou à gérer votre activité[2]. Le principe tient en une phrase : pour fixer vos tarifs, partez de ce que vous devez gagner, pas de ce que facturent les autres[3].
Combien de jours facturables par an
Tous les jours travaillés ne peuvent pas être facturés à un client[4]. Un freelance qui débute facture plutôt entre 120 et 150 jours par an : il faut compter la prospection, la formation, l'administratif, les congés que personne ne vous paie et les semaines sans mission[1].
Plus ce nombre est faible, plus votre tarif journalier doit être élevé pour atteindre votre objectif de revenu[4]. Compter 220 jours facturables quand vous en facturerez réellement 150 revient à sous-évaluer votre TJM d'environ 27 %[1].
Charges et cotisations à intégrer
En micro-entreprise, pour une activité de prestations de services non commerciales, vous versez 25,6 % de votre chiffre d'affaires en cotisations sociales en 2026[1]. Ce taux s'applique dès le premier euro encaissé, sans déduction de charges au préalable[1].
Les cotisations sont calculées différemment en micro-entreprise, en entreprise individuelle, en EURL ou en SASU, avec des niveaux de prélèvements propres à chaque statut[4].
S'ajoutent les frais que les débutants oublient presque toujours : mutuelle complémentaire, assurance responsabilité civile professionnelle, comptable ou logiciel de facturation, cotisation foncière des entreprises[1]. Ces postes cumulés représentent en général 4 000 à 8 000 € par an[1].
En micro-entreprise, ces frais ne sont pas déductibles : ils sortent de votre revenu, donc ils doivent entrer dans votre tarif[3]. Ce statut convient surtout aux freelances ayant peu de dépenses[4].

La formule du TJM, avec un exemple chiffré
La formule est la suivante : CA annuel nécessaire = (net annuel visé + charges annexes) / (1 − 0,256), puis TJM = CA annuel nécessaire / jours facturables[1].
Exemple : vous visez 2 300 € nets par mois, soit 27 600 € sur l'année, et vous prévoyez 5 000 € de charges annexes. Il faut alors facturer environ 43 800 € de chiffre d'affaires sur l'année[1]. Réparti sur 140 jours facturables pour une première année, cela donne un TJM d'environ 313 €[1].
Pour de petites interventions, le taux horaire se déduit du TJM : divisez-le par 7[3].
Ce chiffre est votre plancher, le tarif sous lequel vous n'atteignez plus le revenu net que vous visez, avant impôt sur le revenu, que la formule ne déduit pas : prévoyez de votre côté de quoi le payer. Votre prix réel se fixe au-dessus, en fonction du marché et de la valeur que vous apportez[3]. Vous pouvez aussi l'ajuster selon votre expérience et votre expertise[4].

Tenir son prix : marché, négociation et concurrence de l'IA
Une fois le plancher calculé, comparez-le aux TJM du marché pour votre métier, puis annoncez-le sans trembler[3]. Si votre plancher dépasse le haut de la fourchette de votre métier, ne baissez pas votre tarif en premier : revoyez plutôt vos frais, votre nombre de jours facturables, votre statut ou votre cible de clients[3].
Face à un client qui veut un prix plus bas, négociez le périmètre, pas le prix[3].
Le métier compte autant que le tarif
- Rédaction et édition : le métier le plus asynchrone de tous ; la contrainte n'est pas la mobilité mais la baisse des revenus liée à l'IA[5].
- Traduction et localisation : également très asynchrone, avec une contrainte de contraction liée à l'IA (post-édition de traduction automatique)[6].
- Création de contenu : exerçable en nomade à condition d'une connexion fiable, car l'upload est lourd et régulier[7].
- Montage vidéo et motion : rushes lourds à transférer et machine de montage puissante, donc bande passante et matériel à organiser[8].
Pièges et points de vigilance
- Confondre chiffre d'affaires et revenu : les cotisations s'appliquent dès le premier euro encaissé[1] et, en micro-entreprise, les frais professionnels ne sont pas déductibles[3].
- Oublier les frais annexes (mutuelle, assurance, comptable, cotisation foncière) : votre TJM serait structurellement trop bas, même avec une formule parfaite[1].
- Surestimer vos jours facturables : 220 jours au lieu de 150 sous-évaluent votre tarif d'environ 27 %[1].
- Cumuler salariat et activité indépendante sans lire votre contrat : le cumul est légal en France, mais une clause d'exclusivité, une clause de non-concurrence ou votre obligation de loyauté peuvent limiter votre projet, et leur non-respect peut entraîner un licenciement[2].
- Dépasser le plafond de la micro-entreprise sans anticiper : il est de 83 600 € de chiffre d'affaires annuel pour les prestations de services, et peut orienter vers une autre structure[2].
- Négliger votre résidence fiscale en partant : elle détermine sur quels revenus vous êtes imposé (voir la section suivante).
- Oublier de déclarer vos comptes bancaires ouverts à l'étranger, obligation détaillée plus bas.
Revenus à l'étranger : résidence fiscale et déclarations
Cette section vise les personnes qui quittent la France ; les règles de votre pays de départ peuvent différer, et la fiscalité demande de vérifier votre situation personnelle auprès de l'administration.
Si votre résidence fiscale se situe hors de France, vous êtes le plus souvent imposable sur vos seuls revenus de source française[9]. Si votre foyer fiscal reste en France, vous devez y payer vos impôts sur le revenu, y compris sur vos revenus de source étrangère[9].
Votre foyer (conjoint ou partenaire de PACS et enfants) qui reste en France, ou le centre de vos intérêts économiques en France, font partie des critères qui vous rattachent à la France[10].
Même si vous payez vos impôts en France, vérifiez auprès de l'administration fiscale de votre pays de résidence quelles sont vos obligations concernant les revenus à déclarer et les impôts à payer[9].
- Comptes à l'étranger : vous devez faire connaître les références des comptes bancaires, utilisés ou clos, ouverts à l'étranger, via l'imprimé n° 3916 joint à votre déclaration de revenus n° 2042[10].
- Adresse : informez le plus tôt possible le Centre des Finances Publiques dont vous dépendez de votre nouvelle adresse à l'étranger, sans attendre le dépôt de votre déclaration[10].
- Double imposition : les conventions fiscales ont pour objet d'éviter la double imposition des revenus qui ont leur source dans un État et sont perçus par une personne fiscalement domiciliée dans un autre État[10].
Étapes, dans l'ordre
- Définissez votre revenu net annuel visé et chiffrez vos frais annexes.
- Estimez vos jours facturables : 120 à 150 la première année[1].
- Calculez le chiffre d'affaires nécessaire, puis votre TJM plancher avec la formule.
- Comparez ce plancher aux TJM de votre métier et ajustez cible, statut ou frais si besoin[3].
- Créez votre activité via le guichet unique, accessible en ligne pour la micro-entreprise[11], et ouvrez votre espace sur le site de l'Urssaf, qui gère vos cotisations sociales[11].
- Ouvrez un compte bancaire dédié : il simplifie la gestion, et la séparation des flux devient nécessaire lorsque vous dépassez 10 000 € de chiffre d'affaires sur deux ans[11].
- Avant un départ à l'étranger, vérifiez votre résidence fiscale, prévenez votre centre des impôts de votre nouvelle adresse[10] et renseignez-vous sur vos obligations dans le pays d'accueil[9].
Sources
- 1.^ abcdefghijklmnogenaisse.com — Fixer son TJM freelance : 3 étapes, tarifs 2026 : « Beaucoup de nouveaux indépendants recopient leur ancien salaire divisé par le nombre de jours du mois. » ; « Erreur classique, et coûteuse : ni les charges, ni les jours creux n'entrent dans ce calcul. » ; « Un freelance qui débute, plutôt entre 120 et 150 jours : il faut compter la prospection, la formation, l'administratif, les congés que personne ne vous paie et les semaines sans mission. » https://www.genaisse.com/blog/freelance-fixer-son-tjm-quand-on-debute (consulté le 21 octobre 2026)
- 2.^ abcportail-autoentrepreneur.fr — Devenir freelance : le guide complet pour se lancer en 2026 : « En freelance, votre chiffre d'affaires n'est pas votre revenu net. Vous devez tenir compte de vos cotisations sociales, de vos frais professionnels, de vos jours non facturés, du temps passé à prospecter, à vous former ou à gérer votre activité. » ; « En France, le cumul entre salariat et activité indépendante est légal, mais vous devez vérifier votre contrat de travail. Une clause d'exclusivité, une clause de non-concurrence ou votre obligation de loyauté envers l'employeur peuvent limiter votre projet, et leur non-respect peut entraîner un licenciement. » ; « Le statut de micro-entrepreneur impose un plafond de chiffre d'affaires annuel de 83 600 € pour les services, ce qui peut orienter vers une structure unipersonnelle à responsabilité limitée selon votre projet. » https://www.portail-autoentrepreneur.fr/academie/solopreneur/freelance/devenir-freelance (consulté le 21 octobre 2026)
- 3.^ abcdefghilefreelance.fr — Fixer ses tarifs en freelance : calculer son TJM (2026) : « Pour fixer vos tarifs en freelance, partez de ce que vous devez gagner, pas de ce que facturent les autres. » ; « En micro-entreprise, ces frais ne sont pas déductibles : ils sortent de votre revenu, donc ils doivent entrer dans votre tarif. » ; « Le taux horaire se déduit du TJM : divisez-le par 7. » https://lefreelance.fr/articles/fixer-ses-tarifs/ (consulté le 21 octobre 2026)
Voir les 8 autres sourcesMasquer
- 4.^ abcdeclementine.fr — Charges en freelance : le guide complet 2026 : « Tous les jours travaillés ne peuvent pas être facturés à un client. » ; « Cette donnée est essentielle, car plus ce nombre est faible, plus votre tarif journalier devra être élevé pour atteindre votre objectif de revenu. » ; « Les cotisations sociales sont calculées différemment en micro-entreprise, en entreprise individuelle, en EURL ou en SASU, avec des niveaux de prélèvements spécifiques à chaque statut. » https://www.clementine.fr/blog/comptabilite-social-et-juridique/les-charges-en-freelance/ (consulté le 21 octobre 2026)
- 5.^Mira Knowledge — La rédaction et l'édition sont exerçables en mobilité internationale ; c'est le métier le plus asynchrone, avec pour contrainte une baisse des revenus liée à l'IA plutôt que la mobilité. Vérifié le 16/09/2026 : 2 sources concordantes (perplexity.ai, hello-mira.com, hello-mira.com). https://www.perplexity.ai/search/840d8429-1de2-4d2a-892b-401b7a485927 (consulté le 16 septembre 2026)
- 6.^Mira Knowledge — La traduction et la localisation sont exerçables en mobilité internationale ; très asynchrones, elles subissent une contraction liée à l'IA (post-édition de traduction automatique). Vérifié le 16/09/2026 : 2 sources concordantes (perplexity.ai, hello-mira.com, hello-mira.com). https://www.perplexity.ai/search/840d8429-1de2-4d2a-892b-401b7a485927 (consulté le 16 septembre 2026)
- 7.^Mira Knowledge — La création de contenu est exerçable en nomade à condition d'organiser la bande passante et le matériel : upload lourd et régulier, connexion fiable indispensable. Vérifié le 16/09/2026 : 2 sources concordantes (hello-mira.com, perplexity.ai, hello-mira.com). https://www.perplexity.ai/search/840d8429-1de2-4d2a-892b-401b7a485927 (consulté le 16 septembre 2026)
- 8.^Mira Knowledge — Le montage vidéo et motion est exerçable en nomade à condition d'organiser bande passante et matériel : rushes lourds à transférer et machine de montage puissante. Vérifié le 16/09/2026 : 3 sources concordantes (hello-mira.com, hello-mira.com, hello-mira.com). (consulté le 16 septembre 2026)
- 9.^ abcdservice-public.gouv.fr — Impôt sur le revenu d'un Français qui part vivre ou travailler à l'étranger | Service Public : « Si votre résidence fiscale se situe hors de France, vous êtes le plus souvent imposable sur vos seuls revenus de source française. » ; « Si votre foyer fiscal est situé en France, vous devez y payer vos impôts sur le revenu, y compris sur vos revenus de source étrangère. » ; « Même si vous payez vos impôts en France, vérifiez auprès de l'administration fiscale de votre pays de résidence quelles sont vos obligations concernant les revenus à déclarer et les impôts à payer. » https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31442 (consulté le 21 octobre 2026)
- 10.^ abcdediplomatie.gouv.fr — Fiscalité | France Diplomatie : « Votre foyer (conjoint ou partenaire de PACS et enfants) reste en France, même si vous êtes amené, en raison de nécessités professionnelles, à séjourner dans un autre pays temporairement ou pendant la plus grande partie de l'année. » ; « Vous avez en France le centre de vos intérêts économiques. » ; « Vous avez obligation de faire connaître les références des comptes bancaires (utilisés ou clos) ouverts à l'étranger (imprimé n° 3916, disponible en ligne ou sur papier libre, à joindre à votre déclaration des revenus n° 2042). » https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francaises-et-aux-francais/vie-administrative-et-elections/fiscalite (consulté le 21 octobre 2026)
- 11.^ abcdougs.fr — Comment devenir freelance en 2026 : guide complet : « L'inscription se fait directement sur le guichet unique de l'INPI, et vous dépendez du régime micro-social pour vos cotisations. » ; « Créer votre espace sur le site de l'Urssaf est essentiel, car cet organisme gère vos cotisations sociales. » ; « Séparer vos comptes présente un vrai avantage : un compte bancaire dédié simplifie la gestion, surtout pour un auto-entrepreneur qui doit distinguer ses flux lorsqu'il dépasse 10 000 € de chiffre d'affaires sur deux ans. » https://www.dougs.fr/blog/comment-devenir-freelance/ (consulté le 21 octobre 2026)




